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La Digithèque

Kurt Wüthrich (1938- )

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"Kurt Wüthrich receives World Health Academy Gold Medal", 14 décembre 2012

Kurt Wüthrich, né le 4 octobre 1938 à Aarberg en Suisse, est un chimiste suisse. Il est lauréat de la moitié du prix Nobel de chimie de 2002 (l’autre moitié a été remise à Kōichi Tanaka et à John B. Fenn) « pour le développement de méthodes d’identification et d’analyses structurales de macromolécules biologiques [...] pour le développement de la spectroscopie par résonance magnétique nucléaire servant à établir la structure tridimensionnelle des macromolécules en solution ».

[Interview complète]

Extrait

Marina Solvay : Que pensez-vous des Conseils Solvay aujourd’hui et comment les imaginez-vous dans le futur ? Ont-ils encore un rôle et sous quelle forme ?

Kurt Wüthrich : Difficile de répondre, mais on peut certainement souligner que parmi les participants au Conseil de chimie de 1983, cinq participants ont entre-temps obtenu le Nobel, et bien d’autres étaient aussi candidats au Nobel. Ceci est une illustration du niveau extraordinaire des Conseils Solvay. Pour le Conseil de 2016, nous avons reçu de nombreuses félicitations, car nous avons pu réunir des groupes travaillant sur la catalyse dans des domaines différents (synthèse, biochimie, biophysique…) et qui se connaissaient peu auparavant. C’est unique ! On ne peut plus faire cela ailleurs qu’aux Conseils Solvay, car le monde de la science devient trop spécialisé.

Marina Solvay : Et voyez-vous un avenir à nos Conseils ?

Kurt Wüthrich : Oui, mais il faut bien réfléchir à ce que l’on y fait ! Il devient difficile de convaincre des scientifiques de haut vol de venir passer une semaine à Bruxelles ! J’ai dû dire à l’un ou l’autre que si c’était pour venir donner une présentation et s’en aller ensuite, cela ne valait pas le coup. J’ai dû énergiquement imposer mon point de vue ! L’intérêt des Conseils, c’est la discussion et pas la présentation ! Cela reste un modèle unique. On ne peut pas faire de réunions de ce genre ailleurs. Savez-vous qu’il y avait une CIBA — GEIGY Foundation, devenue ensuite NOVARTIS Foundation ? Ce projet est abandonné depuis dix ans, car il était trop coûteux. Or cette fondation a publié 80 rapports sur des thèmes proches de ceux des Conseils Solvay. On notera que les physiciens ont plus besoin de ces réunions que les chimistes et biochimistes qui sont eux soumis à la pression industrielle (start-ups). Il peut être moins difficile d’assembler un groupe de physiciens de haut niveau que de chimistes.