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La Digithèque

Les femmes dans l'ombre

De manière générale, bien qu’elles assistent aux discussions, participent aux dîners et parfois vont jusqu’à être présentes sur les photographies de groupe, les femmes demeurent dans l’ombre. Les Belges restent souvent cantonnées au rôle de secrétaires. Leurs noms n’apparaissent pas toujours dans la liste des participants. Ceci est particulièrement vrai pour les « petites mains » locales...

En voici quelques exemples :

Dans la liste des « invités au sixième Conseil de chimie Solvay (liste reprise pour l’envoi des volumes) », les noms de « Mlle de Brouckère » et de « Mlle Lacourt » ont été ajoutés à la main.

Dans la conception du plan de table du banquet organisé pour le quatrième Conseil de chimie Solvay, une hiérarchie genrée transparaît. Pauline Ramart-Lucas, pourtant professeure à la Sorbonne, n’est pas assise à la table d’honneur, une table exclusivement masculine.

Dans une lettre envoyée à Alfred R. Ubbelohde le 7 janvier 1959, nous apprenons que, suite à de nombreux désistements, Marianne Grunberg-Manago est invitée à la dernière minute au onzième Conseil de chimie de 1959, alors même qu’elle a été recommandée auparavant par des collègues masculins tels que Jacques Monod ou Charles Sadron et que ses recherches ont été saluées internationalement.

Les femmes ne sont certes pas absentes du monde scientifique, mais elles sont souvent laissées dans l’ombre ou confinées à des tâches subalternes. Elles ne sont que très peu représentées dans leurs activités de chercheuses, et dès qu’elles deviennent épouses et mères, des choix s’imposent pour la plupart d’entre elles. Marie Curie et sa fille Irène Joliot-Curie font figure d’exception.